Nouvelles-de-Vénus

C'était un dimanche...

 

Ne pleures pas parce que c'est fini, mais réjouis-toi car c'est arrivé...

C'était un dimanche, j'ai téléphoné et en quelques secondes, tout était fini et toute ma vie s'écroulait...

   

   Allô?


   Thomas? C'est moi, ça va?


   Ben oui ça va? Qu'est-ce qu'il y a, pourquoi tu m'appelles?


Bien sur que non ça n'allait pas. Si ça allait, tu ne me répondrais pas comme ça pour commencer. Et puis si ça allait, tu ne m'aurais pas fait pleurer hier et mercredi. Et puis si ça allait, je ne me serais pas sentie aussi mal quand je t'ai vu avec cette fille.


Bon ça, c'est ce que j'aurais pu lui répondre mais au lieu de ça, je lui ai dit quelque chose de tellement plus stupide du genre "écoute, je ne sais pas ce que tu as en ce moment mais je vois bien que quelque chose ne va pas, tu veux me laisser ou quoi?".
Alors là ma fille, bravo. C'était bien la chose à dire toi qui avait besoin d'être rassurée parce que tu n'avais pas dormi de la nuit et bien voilà, là tu allais tout gagner.


   Ben à vrai dire, oui je crois que j'aimerais mieux qu'on en reste là.


...


C'est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas vrai. Non, c'est une blague, il a pas dit ça? Mon Dieu, si, il l'a dit et puis tout de suite en plus, du tac au tac comme si ça faisait longtemps qu'il se disait "toute manière, celle là, elle m'énerve, la prochaine fois, je la largue".
Alors là j'en reviens pas. Ca fait trois ans et demi, trois ans et demi t'entends? Nous sommes un, c'est toi qui l'a dit, tu peux pas me laisser, pas comme ça.
Ah ah j'ai compris, c'est un mauvais rêve, bon attends je vais me réveiller, je te rappelles ensuite d'accord?
Ma pauvre fille, tu délires, il vient de mettre fin à vos trois ans et demi, en une demi seconde et puis sans hésitations en plus. Bon alors dans ces cas là qu'est-ce qu'on fait?

Ben oui, c'est la première fois que ça m'arrive après tout, je me fais pas larguer tous les trois ans non plus.
Bon là tout de suite, le seul truc que j'ai trouvé c'est pleurer mais attention, pas des petits sanglots du genre "oh non Paul sort avec Sophie alors que ça fait au moins trois jours que j'ai des vues sur lui, j'men remettrai jamais!". Non non là on est dans le dramatique, les gros pleurs avec les hurlements, les cris et tout et tout. Ah ben oui, je l'aimais pour de vrai celui là, d'ailleurs je pensais pas l'aimer à ce point...


Ce dimanche là, j'étais dans un état second. La souffrance était plus que morale, elle était physique et je pouvais la ressentir : mon ventre était victime d'un feu d'artifice intérieur, mon coeur était prêt à sortir de mon corps, ma tête tournait, mes jambes tremblaient et mon cerveau ne répondait plus sauf pour dire "aïe, aïe, aïe, alors ça ma vieille, ça fait mal, très très mal...".


Vous l'aurez compris, Thomas était mon premier amour. J'avais 14 ans quand je l'ai rencontré et lui aussi. Je crois que l'on est tombé amoureux à la première seconde. Tout le monde nous voyait marié, on était sur la même longueur d'onde, on ne se disputait jamais, on faisait tout ensemble. Toutes mes premières fois, je les ai vécues avec lui mais un jour, il a rencontré cette fille. Alors celle-là je la retiens.

Vous voyez le genre "sainte ni touche" qui dit "ah moi, mais jamais je ne piquerai le mec de quelqu'un, j'ai trop souffert en me faisant tromper par mon copain". Pauvre choupinette, tu veux que je te donne mon copain pour te consoler??? Ah mais non, t'as même pas besoin de mon aide, tu t'es très bien débrouillée toute seule.

Pauvre ******. Restons calme, les filles comme elles ne méritent pas qu'on parle d'elles sauf si c'est pour dire que ce sont des **$£¤¤¤¤****grrrrrr******.


Bref, en gros, la fidélité c'était pas tellement son truc finalement à Thomas et même si il me jure encore aujourd'hui qu'il ne m'a jamais trompé, toujours est-il que trois jours après m'avoir laissée, il sortait avec cette.... euh cette fille.
Non mais Amandine je t'assure c'était pas prévu, ça c'est fais comme ça. Ah! Oui Monsieur, rajoutes en en plus tu veux peut être que j'ai de la compassion pour toi et que je souhaite à ton couple tout plein de bonnes choses. Qu'il est drôle celui là!
Le pire je crois, c'est que ce fameux dimanche alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps, il était toujours à l'autre bout du fil (parce que les lâches laissent toujours tomber leur copine par téléphone...) à dire "euh allô, Amandine, ça va?".

Non mais il veut ma mort, c'est sûr. Oui ça va super bien, écoute, là je pense que je vais me lever et aller fêter ça avec mes amis qu'est-ce que t'en penses? Pauvre mec!
Et pour rajouter à sa lâcheté, le lendemain, nous devions nous voir dans le bus pour discuter face à face (si si, c'est même lui qui l'avait proposé). Mais le lendemain, lundi donc (ah ben oui, faut suivre), Monsieur n'était pas dans le bus qui devait nous conduire au lycée. Alors là c'était trop. Après avoir passé un dimanche horrible (je vous laisse imaginer) et une nuit pour le moins agitée, je m'étais levée à 6h, je m'étais préparée, je m'étais coiffée et maquillée le mieux possible (au cas où il aurait retrouvé ses esprits dans la nuit et aurait voulu m'embrasser...) et lui, il ne vient pas?!

Alors là mon gars, ça ne se passera pas comme ça. Je suis descendue à son arrêt et je suis allée chez lui. Et là devinez quoi? Monsieur était couché dans son lit, malade, lui aussi avait vomi toute la nuit.
Non mais c'est l'hôpital qui se fou de la charité! Et moi dans ma stupidité légendaire je l'ai veillé toute la matinée (le pire c'est qu'il était vraiment malade). On était dans le même état alors je lui faisait remarquer qu'il ne voulais peut être pas vraiment me laisser puisque ça le rendait malade.

Si si, c'est ce que je veux vraiment.

Bon d'accord, tu m'attends ici, je vais étrangler cette ********* hum cette fille et puis on verra après.
Pour compliquer la situation, je n'avais évidemment pas prévenu le lycée pour leur dire que je ne viendrai pas ce matin là ( honnêtement, qui y aurait pensé? ça ne m'avais même pas traversé l'esprit!) et mon portable était au fond de mon sac, je ne m'en occupais pas. Seulement, voilà, le lycée avait prévenu ma mère que je n'étais pas là (oui j'étais dans un lycée pourri que l'on surnommait à juste titre "la prison") et ma mère ne pouvant pas me joindre, céda à la panique (en plus, elle est déjà naturellement névrosée). Mes amis, ma mère, ma tante, mes profs, tout le monde me voyait déjà morte, ils étaient tous au courant pour Thomas et voilà, ils ont cru que j'étais ce genre de fille...


Quand ma mère a finalement réussi à me joindre, elle m'a comme qui dirait exprimé ses sentiments en pleine figure. J'étais déjà mal mais alors là....
Je comprends qu'elle ai eu peur même si on en a vu d'autres dans la famille, je pense qu'elle me voyait déjà au fond d'un ravin. En même temps, j'avais toujours dit à Thomas que si il me laissais, je me tuerai. Et pourtant, je suis toujours là. Lui aussi il est toujours là et Elle aussi elle est toujours là (grrrr). Ma vie n'est plus la même sans lui. Il y avait ma vie avant la rupture et il y a ma vie maintenant. Tout est différent, radicalement différent et je ne sais pas ce que je préfère.


C'était un dimanche et je n'oublierai jamais ce jour qui a crée une frontière entre le rêve et la réalité, celle qui fait mal et sur laquelle on ne revient pas...

 

Vos commentaires

1 Le Lundi 3 Septembre 2007 à 10:50 GMT+2, par Celine

J'ai vécu exactement la meme situation que toi, et c'est d'ailleurs très troublant, car tout y est: le coup de téléphone un dimanche, l'autre fille, sa lacheté pour qu'on se revoit pour en parler en visu, bref... je compatis pour avoir vécu cela moi aussi. Mais heureusement, la roue tourne!

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